Mercredi soir, le Conseil municipal était invité à discuter des grandes lignes du budget 2010 de la ville lors du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB). Je publie ci-dessous le texte de mon intervention:
” J’ai lu le document que vous nous avez remis, je l’ai relu, plusieurs fois, et je vous avoue, j’ai été déçu. Aucune ligne claire, aucune direction, rien qu’un léger flottement. C’est pour le moins gênant pour des orientations préparant le budget 2010 qui va devoir faire face à une conjoncture évidemment compliquée.
Vous nous dites, et je vous le concède, que la construction budgétaire est difficile, difficulté due à un certain nombre d’incertitudes qui, je vous l’accorde, ne sont pas de votre chef : une conjoncture économique au ralenti et une réforme de la fiscalité locale se traduisant par une incertitude sur les recettes de la Dotation Globale de Fonctionnement
Sans vouloir noircir ce tableau, il apparaît hélas comme certain que l’année 2010 sera une nouvelle année de crise, où les Etats auront à gérer leur endettement et devront donc réduire de façon drastique leurs dépenses tout en faisant face à des tensions sociales de plus en plus fortes.
Dans ce contexte, il est donc évident que les recettes des communes vont continuer à baisser et que les subventions venant notamment des conseils généraux et régionaux suivront le même chemin. Nous savons tous ici que certaines collectivités territoriales risquent aujourd’hui la cessation de paiement et ont annoncé d’ores et déjà une baisse de leurs subventions aux communes et aux associations.
Ajoutons à cela la situation de l’intercommunalité, que vous ne faites qu’effleurer rapidement à un ou deux endroits de ce document. La situation financière fragile de Sud de Seine mériterait que nous nous y attardions. Vous en faites bien évidemment porter la responsabilité à l’Etat et à sa réforme des collectivités locales. Mais cette fragilité de Sud de Seine n’est pas récente. Elle avait d’ailleurs déjà commencé lors des dernières années de la mandature précédente. Malgré cette fragilité, les communes adhérentes continuent à transférer des compétences et les charges de fonctionnement qui vont avec. La situation ne va donc pas s’arranger. Gageons que la dégradation accélérée des finances de Sud de Seine impactera assez vite les finances de la ville.
Dans ce contexte, quelles sont les perspectives que vous proposez ? La question fondamentale que je vous pose ici est celle de l’efficacité de la dépense budgétaire. Sarcastique, vous n’avez de cesse de claironner que vos dépenses d’investissement contribuent à la politique de relance souhaitée par notre gouvernement, bel alibi vous en conviendrez. Pourtant, M. Waldteufel, en bon financier que vous êtes, vous savez qu’une augmentation des dépenses ne peut durablement et impunément s’accompagner d’une réduction des recettes dont vous vous lamentez sans en tirer les conséquences.
Alors quelle stratégie nous proposez-vous ? Ne pas augmenter les impôts locaux ? Cest sûr que cela serait malvenu pour la tête de liste PS dans les Hauts-de-Seine, à quelques semaines des élections régionales.
Alors diminuer les investissements ? Pas du tout, stade, piscine et autres immeubles, vous continuez au même rythme votre frénésie de constructions nouvelles et votre programme de densification de la ville.
Alors vous dites que nous sommes peu endettés, c’est vrai, il y a certainement pire, mais votre présentation le souligne très bien, notre contrainte c’est notre capacité d’autofinancement. Or si comme vous le proposez nous continuons à emprunter nous diminuerons encore davantage cette CAF puisque les intérêts viendront impacter le fonctionnement.
En vérité depuis des années vous avez bâti un équilibre fragile que la crise risque de mettre par terre.
Face à ces périls qui guettent nos finances, vous ne pourrez échapper Monsieur le Maire à des coupes sombres dans vos dépenses ou alors il vous faudra faire payer la facture de vos dérives aux Clamartois en augmentant sensiblement les taux d’imposition.
En conclusion, je vous demande de faire preuve de la plus grande prudence pour ce budget 2010 et de réduire la voilure comme le disent les marins avant d’affronter la tempête “.